Départ de Quedlinburg

séparation

Arrive un moment dans la vie d'un prisonnier où il quitte le camp où il est interné.

...pour un autre compagnie

séparation

Il ne s'agit pas d'un départ réel du camp mais d'un changement de compagnie au sein même du camp.

Le prisonnier concerné doit donc quitter sa baraque, ses amis, ses gardiens (sur ce dernier point, il peut être gagnant comme perdant au change)...

Il change également de "cuisine" et là encore il y a des différences notables.

Un des buts de ces changements est de limiter l'utilisation de cachettes au sein des baraques.

...pour un autre camp

séparation

Selon les besoins en main d'oeuvres ou les places disponibles, les autorités allemandes déplacent les prisonniers d'un camp à un autre.

Depuis Quedlinburg, les départ se font généralement vers les camps d'Altengrabow , de Gardelegen , de Hameln , de Merseburg ou Zerbst.

"Enfin à 6 h 15 le départ se fait et je fais un dernier adieu sans regret à Quedlinburg, au camp VI et à la baraque 32A.
Encadrés par des sentinelles, nous nous dirigeons vers la gare, chargés par les paquets et ballots, qui nous pèsent et nous fatiguent énormément. Après avoir traversé une partie de la ville, nous arrivons à la gare à 6 h 55. Le train nous attendait, quelques minutes pour monter dans le train et à 7 h 10, nous partions pour une destination inconnue mais que certains bien renseignés prétendent que notre nouvelle habitation serait le camp d'Hameln.
Les wagons (de marchandises) sont aménagés avec des bancs qui sont assez confortables. Tous nos paquets et bagages sont rangés dans un coin. Comme le train se dirige du côté du camp, chacun s'apprête à faire un dernier adieu au moment où nous passerons devant le camp. Tout le monde est prêt, au loin nous voyons déjà poindre les nombreuses baraques qui ressemblent à des petits pâtés noirs.
Nous y sommes, je compte les camps et en passant devant le sixième, ce n'est qu'un cri vers nos amis qui nous répondent en agitant leurs mouchoirs.
Nous passons ainsi à Ditfurt village voisin du camp de Quedlinburg duquel on apercevait le clocher de l'église. Notre voyage se poursuit en passant par Wegelebe, Halberstadt, Heudeberg, Danstedt, Langeln, Wasserleben, Sehauen, Vienenburg, Dörnken, Othfresen, Ringelheim, Duneberg, Grosshingen, Marienburg, Hildsheim, Emmerke, Nordstemmer où l'on est autorisé à satisfaire nos besoins. Et le voyage se termine par Elze, Osterwald, Voldagen Affrede et Hameln où nous arrivons à 1 h ½. Quelques minutes d'arrêt et à notre grande surprise le train repart. Chacun de regarder par la petite lucarne si dans le lointain on apercevait des camps. Après avoir parcouru un ou deux kilomètres, nous apercevons dans la vallée un camp dont les baraques paraissent s'élever en gradin. On s'approche du camp, le train ralentit pour bientôt s'arrêter. On nous fait descendre du wagon par un petit escalier que déplace un soldat allemand de wagon en wagon. Nous sommes à environ 500 mètres du camp et nous avons maintenant l'explication pour laquelle on ne nous a pas fait descendre à la gare de Hamchen.
Aussitôt descendu du train une haie de sentinelles est sur la route placé d'arbre en arbre et ce jusqu'au camp. On croirait plutôt à voir toutes ces sentinelles alignées que c'est l'Empereur qui va passer.
Nous arrivons enfin à notre nouveau château, qui à première vue nous parait plus agréable que celui de Quedlinburg."

Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL