L'intérieur des baraques

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Intérieur d'une baraque

"Nous construisons 2 baraques qui sont complètement terminées pour le 8 Octobre et comme c’est la date du terme, nous emménageons. Notre joie est grande d’abandonner ces affreux abris pour pénétrer dans des baraques grandes et bien aérées avec fenêtres à deux vantaux. Pour nous qui, depuis près d’un mois, avons couché presque à la belle étoile, cet emménagement dans une baraque neuve, nous parait un luxe inouï. Ces baraques ont été d’ailleurs très bien conçues. Elles possèdent des doubles parois afin de nous protéger du froid vif de la région et à l’extérieur un revêtement de carton bitumé. (Vous verrez par la suite que ces doubles parois nous étaient bien utiles). Les paillasses neuves sont étendues par terre et la motte de terre en guise d’oreiller est remplacée par un polochon bourré de paille.
Notre baraque prend le N° 2A pour devenir plus tard 32A (...). Lors de l’emménagement, le nombre de locataires . . . non, je m’exprime mal, le nombre de prisonniers de cette baraque était de 94 et un mois plus tard porté à 120. Cela faisait une belle chambrée.
Dans l’allée du centre on a installé des tables et des bancs sur presque toute la longueur de la baraque. Nous allons donc maintenant pouvoir vivre d’une façon plus moderne, c’est-à-dire manger sur une table et coucher sur une paillasse. Tout le confort moderne je vous dis . . . pour des prisonniers de guerre bien entendu."

Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL

Une baraque de 750 m² était faite pour contenir de 210 à 250 prisonniers. Chaque prisonnier avait en moyenne 10m². Ce chiffre a soudainement baissé en 1918 pour arriver à 2m² par prisonnier.

La baraque était divisée en deux partie: la A et la B. Ainsi, nous obtenons par exemple pour la première compagnie, les baraques 1A, 1B, 2A, 2B, 3A, 3B, 4A, 4B, 5A, 5B, 6A, 6B.

Le mobilier était constitué d'une paillasse par prisonnier mais également de: " Au mur deux planches avec quelques menus objets de toilette, au milieu une table avec deux bancs..."
Extrait du Tuyau n°2, page 5 (22 juillet 1915).

Le chauffage fut assuré par des poêles en fonte. Ces poêles servirent aussi à la cuisine comme l'explique ce témoignage du soldat Chausson au sujet du camp de Quedlinburg: "Lorsqu'on installa des poêles dans la baraque, cela nous a permis grâce aux colis reçus de la France d'améliorer nos repas. Et lorsqu'on rentrait dans nos logements, on était surpris de sentir des fumets agréables, comme dans une cuisine de grand hôtel."