La religion

séparation

"Un prêtre russe et deux curés célèbrent régulièrement les offices dans des chapelles très convenables."
Extrait du rapport de M.M Dr A. von SCHULTHESS et F.THORMEYER, 26 avril 1916.

"Ne croyez pas surtout que nous avions constamment le « cafard ».
Nous le chassions souvent, parfois avec succès et quelques fois sans résultat. Dans la journée du 20 Décembre le « cafard » fut littéralement écrasé par les bonnes paroles du prêtre français qui nous avait conviés à assister à la messe à 8 h ½ dans la Baraque 31B. Pour la première fois dans notre camp de prisonniers, nous allions assister à la messe. Quelle joie et quelle émotion.
À 8 h ½ l'office commençait dans cette baraque, où rien n'avait été changé. Au fond et par des moyens de fortune, un autel avait été dressé avec une table sur laquelle reposait un Christ et de chaque côté de l’autel 2 cierges allumés. Telle était notre chapelle. Plus de 500 hommes s’y pressaient, assistant à la célébration de la messe avec piété et recueillement. À l’évangile le prêtre nous fit un petit sermon, nous encourageant de son mieux à supporter nos misères, de bien nous aimer les uns les autres en nous entre-aidant et terminant son sermon, nous annonçait que pour Pâques nous entendrions nos cloches sonner dans nos villages. Ces dernières paroles furent dites pour nous donner du courage et nous stimuler, mais à l’époque où nous entendons ces paroles, ce fut pour nous comme un fortifiant qui redonne de la vigueur, une bonne parole qui redonnait l’espoir, en un mot la grande joie de bientôt recouvrer notre liberté. À la fin de la messe chacun se retire satisfait de cette cérémonie avec au cœur une joie infinie, nous laissant le doux souvenir des beaux dimanches passés dans notre pays.."

Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL

chapelle du camp de Quedlinburg

"Nous parlions l'autre jour de M. l'abbé Robillard, fait prisonnier. Voici de lui une carte postale intéressante reçue par M. le Curé du Mont-aux-Maladesle 4 mai: "Vous ne sauriez croire le bonheur que vous me procurez! Je reçois de vous deux précieux colis: comme vous avez bien deviné mes désirs ! C'est justement ce que je préférais. Un psautier, un ordo, des livres de théologie pour moi et des évangiles pour les hommes, des cantiques pour notre chorale du dimanche! Merci beaucoup et que Dieu vous le rende dès ici-bas. Je n'ai plus besoin de rien, car j'ai un bréviaire et reçu du linge et des vêtements.
L'hiver a été très rigoureux, mais nous étions chauffés, et, grâce à Dieu, je m'en suis tiré avec seulement quelques jours de rhume. Je vais bien et continue ardemment mon ministère d'aumônier parmi nos pauvres compagnons d'exil et blessés, avec six autres prêtres.
Deux grand'messes dans le camp tous les dimanches, une messe de communion générale par mois. Depuis Noël, 1.100 communions. C'est notre seule force et notre unique consolation. Priez pour que nos 10.000 prisonniers, en ce temps pascal, le comprennent. (Une bonne oeuvre en France ne pourrait-elle pas nous envoyer de petits livres de messe et des chapelets pour eux?) Union de prières."

Extrait du "Bulletin religieux de l'archidiocèse de Rouen", n°21, 22 mai 1915.

La religion orthodoxe est bien sûr pratiquée par les russes. Cela a apparement marqué le prisonnier Henri Jeanney qui a annoté cette photo de l'inauguration de monument du cimetière en identifiant le "pope russe".

pope russe chapelle russe du camp de Quedlinburg