L'hygiène au camp

séparation

Un des problèmes principal des autorités en matière d'hygiène est le poux. Il en existe en fait plusieurs types: " 1° Le poux de tête (Klopflaus) 2° Le morpion (Filglaus) 3° Le poux de corps (en allemand Kleiderlaus mot à mot poux de vêtements)."

poux de têteMorpion poux de corpspeigne à poux














Il y a donc différentes façons de s'en débarrasser: "On évite facilement le premier en se tenant les cheveux ras et en se lavant la tête fréquemment, comme le fait d'ailleurs en tout temps quiconque est propre. Le deuxième ne résiste pas à l'onguent gris; un moyen préventif (et radical) contre cette variété consiste à se débarrasser de tous les poils du bas du ventre soit au moyen de la tondeuse ou du rasoir, soit en faisant appel à une pommade épilatoire. Certains de nos camarades qui sont allés travailler hors du camp ont pu apprécier, me suis-je laisser dire, l'efficacité de la pommade de ce genre adoptée à l'infirmerie. Ils n'en ont pas été plus fiers pour cela. Le troisième pou est des trois le plus dangereux: il véhicule souvent le microbe du Flecktyphus et c'est même le seul véhicule de ce microbe meurtrier. C'est aussi le plus tenace, ses oeufs sont généralement attachés le long des coutures surtout quand il s'agit de grosses étoffes. On n'est pas sûr de s'en débarrasser en brossant et battant ses vêtements. L'animal lui-même est difficile à chasser par ce moyen; sa peau est si dure qu'il supporte aisément une pression ou une blessure. Il est très prolifique. Le développement des oeufs demande, selon la température de 5 à 17 jours. C'est seulement quand la température tombe au voisinage de 0° qu'ils n'éclosent plus. Le Kleidlaus supporte longtemps le froid, même un froid de -12° ne le tue pas. Pour s'en débarrasser on a recours à la grande chaleur sèche ou humide. La vapeur sèche le tue en heure à 45°. En augmentant la température on diminue le temps nécessaire pour le tuer. C'est ainsi que 15 à 20 minutes suffisent à 80° et 10m à 100°. Les nouvelles machines de camp sont à vapeur sèche et réalisent facilement 100°, elles ont l'avantage d'assurer un service rapide et d'abîmer beaucoup moins les effets..."
Extraits du Tuyau n°8, page 8 (30 septembre 1915)

machine à vapeurmachine à vapeur














douches

"En dernière heure nous apprenons qu'une commission de surveillants aux douches a été réunie par les Autorités militaires allemandes afin d'assister aux essais d'un nouveau moyen de désinfection (Rayon poux et divers) essais qui du reste furent concluants..."
Extrait du Tuyau n°1, page 5 (15 juillet 1915)

A Quedlinburg, les prisonniers se douchaient une fois par semaine. Comble du luxe: l'eau était chaude (pour un temps limité): "Une fois par semaine la consigne est de se laver, on envoie les prisonniers "au bain". La corvée journalière fait place à la petite guerre aux parasites qui forment la suite des armées en captivité comme en campagne. Petites puces à la tournure de demoiselles, mondowoschki aux charmes si prenants, poux guerriers étoilés de noir, assurez vos derrières. 'On va doucher!'" (pour lire la suite, cliquez ici)
Extrait du Tuyau numéro 5 page 2 (12 Août 1915)

On imagine la surprise des prisonniers qui n'avaient, pour la plupart, pas l'eau courante chez eux et ne connaissaint même pas le concept de la douche !


fouilles

Les fouilles nous apprennent que l'hygiène dentaire était également présente au camp. Ainsi, une brosse à dent, un tube de dentifrice… ont été retrouvés.


Il existait pour chaque camp un bâtiment appelé à satisfaire des besoins primaires: " Il est au bout des camps, à proximité de la voie ferrée, sur laquelle elles ouvrent des jours indiscrets, des constructions rustiques, dont l'agencement intérieur et les amers relents indiquent nettement la destination..." (pour lire la suite, cliquez ici) "
Extrait du Tuyau n°19, page 3 (18 novembre 1915)

"Je ne vous ai pas fait part encore du confort et de la somptuosité de ces cabinets « à tout faire », vous allez en juger.
Représentez-vous un grand trou de 80 mètres de long sur 2m50 de large et d’une profondeur de 3m00. Sur les deux faces de la longueur et de la largeur était élevé, tout en bordure du trou, un petit muret de 0m60 de haut au sommet duquel se trouvait une barre de bois. La description des cabinets ne comporte pas autre chose et lorsqu’on avait besoin de satisfaire un besoin, on s’asseyait sur la barre en bois en exposant son derrière dans le vide et à l’air libre. Plus de 100 prisonniers pouvaient satisfaire leurs besoins ensemble et c’est pourquoi nous l’appelions « l’exposition des lunes ».
Autre petit détail piquant relatif à l’hygiène. Tout prisonnier sortant des cabinets devait aller se laver les mains à une pompe se trouvant à proximité et une sentinelle allemande se trouvait à côté pour nous faire respecter cet ordre en cas d’oubli de notre part et parfois employait les arguments frappants pour nous faire comprendre de nous laver les mains".

Extrait des souvenirs de guerre de Marcel RIEGEL

dessin des latrines de Ernest BOISSEL

Dessin réalisé par Ernest BOISSEL, et communiqué par Micheline BOISSEL

fouilles latrines







Voici ce qu'il reste des latrines de la 4ème compagnie.