Les corvées

séparation

Pour maintenir le bon ordre du camp, il existait des corvées (sauf les dimanches et jours "carillonnés"):
- vidange des latrines,
- employés aux douches,
- aux lavoirs,
- aux pompes: "Suivant la saison ou l'état de l'atmosphère le service à la pompe peut-être considéré comme un salutaire délassement ou une odieuse corvée. Mais il demeure toujours une mission délicate." Extrait du Tuyau numéro 17 page 4 (4 novembre 1915)
- au "domaine agricole du camp" qui "occupe un certain nombre de prisonniers".
Extrait du rapport de M.M Dr A. von SCHULTHESS et F.THORMEYER, 26 avril 1916.
- aux cuisines: "Habillés de toile bleue, comme les cuisiniers qu'ils touchent de près d'ailleurs et avec qui ils vivent, en quelque sorte, sur le régime de la communauté réduite aux baquets, les hommes patates forment une importante phalange..." Extrait du Tuyau numéro 15 page 2 (21 octobre 1915)

On trouvait même, à Quedlinburg une corvée réservée à des spécialistes: les ratiers.

corvées


Il existait également une corvée spéciale " de décoration des tombes du cimetière des prisonniers de guerre du camp" Témoignage du soldat Eyraud. "Un mois ou deux plus tard, comme grand était déjà le nombre de nos morts, une corvée fut organisée pour décorer leurs tombes. C'était en mai." Témoignage extrait du livre Un camp de représailles de Mario MEUNIER








Certaines corvées avaient un but hygiéniques, ainsi les corvées de latrines (spécifique à ce camp), consistaient à faire en sorte que personne ne dégrade les lieux et à ce qu'on ne fasse tomber dans la fosse rien de dur mais également à veiller à ce que tous ceux qui sortent de ces latrines se lavent les mains (moyen de lutte contre la dysenterie et le typhus).

Les gradés étaient, au départ exemptés de corvées comme nous l'illustre ce témoignage d'un sergent:
" (...) - Mais, puisque vous allez le voir, voulez-vous lui demander s'il veut sortir du camp. Il doit certainement savoir un peu jardiner. Demandez-lui donc s'il veut prendre la place d'un homme de corvée et aller travailler aux tombes du cimetière. Il fera ce qu'il pourra.
L'interprète vint, constata que j'étais à distance et me transmit le vœu du capitaine.
- Je ne sais pas jardiner, répondis-je. Le saurais-je, je ne pourrai quand même pas accepter ce qu'il propose. J'ai un grade qui m'exempte de corvée. Si je m'inscris volontaire pour un travail au cimetière, je prend la place d'un homme qui sera aussitôt de ce chef employé ailleurs et plus mal. Si on veut que je sorte, qu'on me désigne comme gradé pour accompagner la corvée. Pour gratter, je ne gratte pas.
L'interprète rapporta ma réponse.
- Il est prévu tant d'hommes pour ce travail, riposta le capitaine, et l'ordre ne désigne aucun gradé pour accompagner."

Témoignage extrait du livre Un camp de représailles de Mario MEUNIER